Adrian Buba , Galerie Joseph

EXPOSITION  26-29  OCTOBRE  2017

Après plus de deux années d’introspection prolifique, Adrian Buba, revient sur le devant de la scène parisienne afin de présenter une approche évolutive de son oeuvre à la Galerie Joseph.

Adrian Buba est né en Roumanie en 1953. Diplômé de l’Académie des Beaux Arts de Bucarest en 1976.
Il était conservateur du Musée National d’Art de Bucarest de 1976 à 1980. Adrian se voit décerné en 1979 le Prix National de Peinture et devient rapidement l’un des artistes les plus en vue de la nouvelle génération en Roumanie. En 1981, il s’installe à Paris où il vit actuellement.

L’artiste roumain obtient en 1983, le Prix d’Art Sacré au XIIIè Prix International d’Art Contemporain de Monte-Carlo. Il acquiert la nationalité française en 1984. Exposition à Berlin à la Galerie SIEVI en 1997 et 2013. Le Musée d’art de Ningbo en Chine l’expose en 2014. Depuis 1976 Adrian Buba expose dans de nombreux pays principalement en Europe  mais aussi au Maroc et en Chine.

Son travail est construit entre la figuration et la suggestion, entre la lumière et l’obscurité, entre la verve du geste et le besoin de l’ordre, toujours en mouvement, mais contrôlé.

Londres Février 2015

THEMATIQUES

De nombreuses thématiques récurrentes sont présentes dans le travail d’Adrian Buba. Les sujets qui impliquent jeux de lumière et mouvement sont à l’honneur. Les

Des nombreuses scènes de combats, de batailles , de tournois et de guerres inspirent l’artiste, autant que les scènes d’apocalypse et de tempête. Le sujet du cheval est souvent repris par Buba via ces chevaliers et cavaliers. Le milieu du spectacle est interprété par ses compositions sur le cirque, le théâtre et le cinéma. Le temps et la nature sont exprimés à travers les saisons. L’artiste n’a pas froid aux yeux et aborde la religion en représentant la papoté, les cardinaux, la tour de Babel, ou encore l’inquisition.

ESPACES  ET   COULEURS

Adrian Buba mêle chaleur et froideur, clarté et obscurité. Dans ses tableaux s’établit une accointance équilibrée entre l’élégance des fonds plutôt neutre et la virulence contrôlée du sujets central. Les couleurs les plus fréquentes dans la palette de l’artiste sont le bleu, le rouge et l’or.

J’essaye de peindre sans trop me poser de questions. C’est déjà une telle chance de pouvoir vivre en peignant, de faire de sa passion un métier ! Rétrospectivement, quand la toile est faite, je veux bien

discuter à l’infini. Mais ni avant, ni pendant. Autrement, c’est l’auto-censure permanente, c’est la fin de la liberté. …


La première fois que j’ai vu une peinture de Buba, chez Jacques Bertin, devant une toile d’une palette sage dont la construction savante évoquait les lances d’une bataille peinte par Paolo Uccello, j’ai pensé que c’était peut-être l’œuvre d’un artiste déjà âgé, qui, loin des fureurs de la modernité, rêverait d’un monde solennel et passé, des joutes chevaleresques, des moires, des brocarts et des caparaçons de l’Italie du Quatrocento. Or, j’avais tout faux. Pour qui n’est pas extra-lucide, il est aussi dangereux de juger une œuvre sur une seule toile que du caractère d’une personne sur une seule photographie, ou sur une expression saisie au vol sur son visage.

D’abord, qualité trop éphémère pour ne pas mériter d’être soulignée, Buba est, sinon un jeune homme, du moins un homme jeune. (S’il relit ses lignes, « un soir, bien vieil, à la chandelle », il sourira sans doute du critique assez superficiel pour s’être arrêté à un détail aussi anodin.) Alors, disons plutôt que l’on sent chez lui une très grande vitalité. Lorsque je l’ai rencontré en personne, dans son atelier en plein Paris, il était campé comme un faucheur au milieu des blés, toisant fièrement du regard les meules soigneusement disposées sur le pré de la récolte de l’été.

Une série de toiles abstraites dansaient sur les murs leur sarabande bariolée. Elles évoquaient pour moi les «gaguerres» (ces combats de coq sous des tonnelles rondes en Haïti) ou des corridas : la mêlée des fanions et des piques, avant l’estocade finale, où, dans un dernier tournoiement de la cape, la lame lie à tout jamais le matador au taureau.

Bleu sombre comme les plumes du paon, noir comme le satin du deuil ou la dentelle brillante des mantilles, ocre comme le sol dans l’arène, terre de Sienne, jaune paille, rouge sang de bœuf : ne croyez surtout pas que, parce qu’elles se sont échappées des contours figuratifs, les couleurs ne signifient plus rien. Au contraire, elles deviennent d’autant plus signifiantes que de multiples possibilités de lecture s’offrent simultanément : premiers plans et arrière-plans, motif et fond, ciel et terre…

Dans dans le cas de Buba, tout cela vibre sur un même rythme, emporté par un cyclone qui balaie du même souffle les formes et ce qui les entoure.

Dans l’atelier, un tableau encore presque blanc, seulement parcouru de brèves griffures bleu pâle, était là comme pour mieux laisser deviner les rudes empoignades que Buba devrait encore avoir avec la toile, l’huile et le pinceau, avant de pouvoir lais- ser aller l’œuvre, achevée, mais heureusement pas morte !

La conversation avec Buba réservait d’autres surprises. Car dans sa Roumanie natale, et dans un système des Beaux-Arts autogéré (dont l’indépendance esthétique tran- chait avec le réalisme soviétique alors de rigueur dans l’Europe de l’Est), il fut une sorte d’enfant prodige. Adrian Buba s’est retrouvé major de sa promotion à l’école des Beaux-Arts, et, à 23 ans, conservateur du musée de Bucarest ! Toutefois, il s’arrache vite au privilège de contempler ses « Collections royales » (avec des œuvres de Brue- ghel, de Rembrandt ou du Greco), et, quatre ans plus tard, partit en Allemagne. Une fois là-bas, en 1980, il oublia tout simplement de rentrer.

Marc Albert-Levin
1995


LA RÉBELLION NORMALISÉE

Penser c’est dire non disait Alain. Le propos est une destruction qui part du sujet figuratif. C’est dans la déconstruction que réside l’évolution notable de son travail puisque l’Artiste refuse les thématiques ou séries. L’expression fait échos aux pairs du mouvement Supports/Surfaces en ce sens qu’il projette peu d’intention dans ses œuvres, l’Artiste se contente de peindre.

Adrian Buba maîtrise l’architecture de ses œuvres grâce à la formation d’aplats et perd ainsi le spectateur dans les perspectives. A cette dimension graphique s’ajoute cette explosion brute et canalisée grâce à sa maîtrise «énergétique» de l’acrylique au couteau.

Le geste est précis et exercé dans la tumulte.

S’il en fallait un, le mouvement demeurerait son sujet : en 1995, au sujet du solo show parisien «Sarabande» Marc Albert-Levin intitulait déjà son texte de commissariat «Entrez dans la danse.»…

Farrah Bencheikh,
2017

RSVP.

Victoire Partouche
Commissaire d’exposition
+33 (0)6 62 68 11 22
116 rue de Turenne, 75003, Paris
www.galeriejoseph.com

 

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