Allemagne : Trump a raison !

Pourquoi Donald Trump a-t-il mis en garde l’Allemagne? Est-ce mû par cette démagogie populiste dont il est quotidiennement accusé, ou – plutôt – pour les mêmes raisons ayant poussé la précédente administration Obama à qualifier l’Allemagne de danger pour l’économie globale? Souvenons-nous en effet du rapport émis en Octobre 2016 par le Département du Trésor US stigmatisant la balance des paiements allemande excédentaire à hauteur de 7% de son P.I.B., responsable d’« exporter la déflation à travers la zone euro comme à travers l’économie mondiale ».

Rappelons nous également des réactions tout aussi déplorables que pavloniennes des responsables allemands ayant invoqué – pour se justifier- toute la palette des arguments habituels éculés. Leurs excédents seraient redevables à leur excellente compétitivité. La déflation serait bénéfique pour la périphérie européenne car elle contraindrait les «cigales» aux sacro-saintes réformes structurelles. Pas un mot en revanche de la consommation intérieure de leur pays ayant à peine progressé de 0.8% l’an dernier et qui se traduit logiquement par une envolée supplémentaire de leurs excédents. Aucune motivation pour les autorités allemandes de soulager d’une quelconque manière la périphérie européenne en pleine cure d’austérité.

Pourtant, le chômage allemand très bas aurait pu et aurait dû favoriser des mesures stimulatoires autorisant de neutraliser -au moins partiellement- la dépression induite dans la périphérie par les réformes structurelles. Là aussi, c’est les sempiternels prétextes qui sont reservis par les autorités allemandes arguant qu’un ré équilibrge de leur économie ne profiterait nullement aux autres pays européens car ceux-ci exportent très peu en Allemagne. Que la relance de la consommation et de l’investissements intérieurs allemands ne ferait que réduire leur propre compétitivité, sans contribuer à améliorer les exportations de la périphérie de l’Europe.

De fait, les allemands font mine d’ignorer la manière dont évolue le taux de change réel de l’euro qui est exagérément sous évalué dans leur propre pays et qui, du coup, renforce artificiellement l’attractivité de leurs marchandises exportées au sein même de l’Union. Une ré évaluation de l’ordre de 25% du taux de change réel de l’euro allemand – qui reviendrait au niveau où il se trouvait lors du lancement de la monnaie unique – permettrait à l’Espagne, à l’Italie et à la France d’améliorer leurs parts de marché dans la zone euro mais également vers le reste du monde.

L’Europe a donc désespérément besoin d’une progression notable de l’inflation et de la consommation allemandes qui, seules, permettront de lutter contre la déflation rampante induite par les dévaluations intérieures de la périphérie. Après tout, l’Allemagne elle-même n’a pu réussir dans la mise en place de ses propres réformes structurelles (Lois Härtz) que grâce à une demande et à une inflation alors robustes dans le reste de l’Europe. Pourquoi ne joue-t-elle pas le jeu de l’union monétaire et de la solidarité qui en découle, à présent que c’est à elle qu’il incombe de retourner la faveur aux nations européennes sinistrées?

Dans le même ordre d’idées, l’Allemagne devrait cesser d’exercer le dumping salarial sur le reste de l’Europe et enfin procéder à l’augmentation salutaire de ses salaires. Dans un contexte où les profits de ses entreprises battent des records, il est effectivement scandaleux que les patrons de Daimler-Benz, de BMW et de VW menacent, comme ils viennent de le faire, de délocaliser leur production sous des cieux plus cléments faisant appel à des travailleurs encore moins bien payés que les allemands.

Les Etats-Unis, et Donald Trump, ont donc parfaitement raison de condamner la posture allemande qui doit impérativement ré équilibrer son économie afin de permettre à l’Europe – et au reste du monde – de respirer.

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