L’unique film de Charles Laughton

En 1955, dans “la Nuit du chasseur”, son seul film en tant que réalisateur, Charles Laughton dresse le portrait dérangeant d’un prédicateur qui est aussi un serial killer. Un monument de cinéma, sans descendance.

Album / United Artists / AKG-Images

« J’ai un visage qui ressemble à l’arrière-train d’un éléphant. » Charles Laughton, né dans le Yorkshire en 1899, n’aimait pas son physique et cultivait la haine de soi. Mais avec son humour ravageur, l’acteur anglais plébiscité au théâtre comme au cinéma faisait mine de préférer en rire qu’en pleurer. Après tout, cette tronche impossible lui avait valu ses plus importants succès sur le grand écran, entre autres dans les Révoltés du Bounty, de Franck Lloyd, en 1935, et dans Quasimodo , de William Dieterle, en 1939. Le comédien, apprécié par les grands cinéastes (Hitchcock, Siodmak, Wilder, Preminger), ne se satisfaisait pas de jouer les laids et les « infréquentables » pour les autres. Passionné par le théâtre, il dialoguait avec des pointures (dont Bertolt Brecht) et, non content d’arpenter les planches, il s’était plusieurs fois essayé à la mise en scène théâtrale. Le fait de gloire créatif de Charles Laughton est néanmoins une affaire de cinéma. En 1953, l’acteur découvre La Nuit du chasseur, un roman noir, très noir, de Davis Grubb. Laughton, qui souhaite passer derrière la caméra, décide d’adapter librement l’ouvrage et engage pour le rôle principal un acteur qui adore les partitions singulières : Robert Mitchum.

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