Macron alerte sur le risque de retour aux années 1930

Évoquant «les peurs» et «le repli nationaliste» qui devisent, selon lui, l’Europe d’aujourd’hui, Emmanuel Macron a déclaré à Ouest-France qu’il était «frappé par la ressemblance» de la situation actuelle avec celle des années 1930. Partagée par des internautes, cette opinion a été critiquée par d’autres qui ont proposé leur vision des choses.

Les pays européens vivent aujourd’hui dans une situation qui ressemble beaucoup à celle des années 1930, a déclaré Emmanuel Macron à Ouest-France dans une interviewaccordée en début de semaine et publiée par le quotidien mercredi soir.

Un marathon de la mémoire

Il faut dire qu’Emmanuel Macron s’apprête à célébrer le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale en s’imposant un parcours du combattant singulier. En effet, s’il avait besoin, dit-on, de « souffler » un peu en Normandie pendant ce week-end de la Toussaint, c’est aussi parce qu’il entame dimanche un marathon de commémorations jusqu’à l’Armistice.

Le président visitera d’abord les différents champs de bataille de la Grande Guerre, dans dix départements du Grand Est et des Hauts-de-France. Il animera ensuite la cérémonie dans la clairière de Compiègne (Oise) le 10 novembre (et pas le 11), aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel. Un programme qui, visiblement, lui donne à réfléchir sur les leçons tirées – ou pas – du passé.

« Je suis frappé par la ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l’entre-deux-guerres », a-t-il estimé alors qu’il visitait en début de semaine l’exposition consacrée à Georges Clemenceau au Panthéon. Et d’analyser : « Dans une Europe qui est divisée par les peurs, le repli nationaliste, les conséquences de la crise économique, on voit presque méthodiquement se réarticuler tout ce qui a rythmé la vie de l’Europe de l’après Première Guerre mondiale à la crise de 1929. (…) Il faut l’avoir en tête, être lucide, savoir comment on y résiste » en « portant la vigueur démocratique et républicaine ».

« Comprendre les leçons de l’Histoire »

Lors de ses rendez-vous à venir dans le Grand Est et les Hauts-de-France, Emmanuel Macron dit ne pas vouloir « simplement regarder l’Histoire » : « Je veux rendre hommage et essayer de comprendre les leçons de cette Histoire. C’est un message de célébration, de mémoire et d’avenir ». Le président compte ainsi promouvoir une Europe « plus souveraine et plus multilatérale ».

Et le président d’insister. « L’Europe est face à un risque : celui de se démembrer par la lèpre nationaliste et d’être bousculée par des puissances extérieures. Et donc de perdre sa souveraineté. C’est-à-dire d’avoir sa sécurité qui dépende des choix américains et de ses changements, d’avoir une Chine de plus en plus présente sur les infrastructures essentielles, une Russie qui parfois est tentée par la manipulation, des grands intérêts financiers et des marchés qui dépassent parfois la place que les États peuvent prendre », prévient Emmanuel Macron qui, sept mois avant les élections européennes, a décidé de se positionner en rempart aux nationalistes hongrois Viktor Orban et italien Matteo Salvini.

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Enri Mato

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