Majestueux Art Nouveau à Nancy

Par Julie-Chloé Mougeolle

Majestueux Art Nouveau à Nancy

Nancy est une des capitales européennes de l’Art Nouveau. Nous avons souhaité vous faire découvrir trois lieux phares parmi plus de soixante.

La brasserie l’Excelsior

La brasserie l’Excelsior, située rue Mazagran, est l’un des bâtiments de style Art Nouveau les plus connus de Nancy. Construit en 1910 et inauguré en 1911, ce bâtiment est l’œuvre d’une collaboration entre les architectes Lucien Weissenburger et Alexandre Mienville. Il a été pensé comme une annexe de l’Hôtel d’Angleterre qui, également construit en 1911 mais partiellement détruit au début des années 1970, occupait les espaces supérieurs du bâtiment. En extérieur, les façades accueillent des vitraux réalisés par le verrier Jacques Grüber. Ornés de pins, fougères et feuilles de ginkgo, ils sont typiques du mouvement par la représentation de la nature qu’ils proposent. Le mobilier, réalisé par les Ateliers Majorelle, a été exécuté en acajou massif de Cuba et bois de tamarinier. Les frères Daum sont à l’origine des quelques 300 becs lumineux en pâte de verre. Ils ont également réalisés les lustres en collaboration avec Louis Majorelle. La mosaïque au sol est signée Pèlerin et les sculptures sont l’œuvre de Léopold Wolf. À travers cette collaboration soutenue, on retrouve une caractéristique essentielle de l’École de Nancy.

Brasserie Excelsior

À partir de 1928, des aménagements successifs vont être apportés à l’intérieur de la brasserie. Ces modifications seront effectuées dans un style Art Déco typique de l’entre-deux guerres. C’est ainsi qu’une descente d’escalier réalisée par Jean Prouvé verra le jour. Menant à l’étage inférieur du bâtiment, il arbore plusieurs caractéristiques de ce style, à commencer par sa rampe en acier inoxydable poli coiffée d’une vasque luminaire. Le caveau ainsi desservi par cet escalier est également représentatif de l’Art Déco. Les initiales « VM » y sont déclinées dans des typographies imposantes et dans une symétrie chères à ce mouvement. L’utilisation du marbre et du cuivre ainsi que la présence de frises en zigzag et l’emploi d’éclairages indirects finissent d’instaurer une esthétique Art Déco aux lieux.

En 1999, l’Art Nouveau se redécouvre à Nancy à l’occasion des 100 ans de l’École de Nancy. Toutefois, les nancéiens n’ont pas attendu cet anniversaire pour célébrer le travail immense des artistes de l’École de Nancy. C’est ainsi que dans les années 1970 la population s’oppose à la destruction de la brasserie l’Excelsior, lieu désigné pour accueillir le projet d’une seconde tour Thiers.

La villa Majorelle

La villa Majorelle a été commandée en 1898 par l’artiste Louis Majorelle, figure emblématique de l’École de Nancy, à l’architecte parisien Henri Sauvage. De cette collaboration va naître la toute première maison Art Nouveau de Nancy en 1902. Elle est aujourd’hui considérée comme la plus célèbre des maisons Art Nouveau de la ville. Elle peut se visiter depuis 1997.

Villa Majorelle

Située au 1, rue Louis-Majorelle, la villa (également surnommée villa Jika d’après les initiales de l’épouse de Louis Majorelle, Jeanne Kretz) a été bâtie dans la campagne nancéienne. Facilement accessible depuis la gare, elle domine le quartier résidentiel dans lequel elle se situe par ses dimensions imposantes. Elle a été préservée tout au long du XXème siècle avant d’être restaurée en 1997 puis en 1999. À l’exception de son jardin, dont le périmètre a été considérablement réduit, cet édifice a conservé toutes ses qualités architecturales d’époque. Véritable travail collectif, la construction réunit le savoir-faire d’artistes et artisans de Paris et de l’École de Nancy pour un résultat unique. Louis Majorelle participera à l’aménagement de sa villa en concevant le mobilier, l’escalier, les boiseries ainsi que quelques ferronneries. Le céramiste Alexandre Bigot, auteur de l’imposante rampe de la terrasse à décor végétal, sera également à l’origine de la cheminée en grès flammé de la salle à manger. Le verrier Jacques Grüber réalisera les vitraux dont un à décor de pin aujourd’hui détruit. Enfin, les peintres Francis Jourdain et Henri Royer ainsi que l’architecte Lucien Weissenburger, chargé de l’exécution du chantier, coopéreront aussi à la construction de cette bâtisse.

Aujourd’hui, la villa dépend du musée de l’École de Nancy et accueille le Réseau Art Nouveau Network, l’antenne nancéienne du réseau international des villes Art Nouveau. Elle reçoit le label « Maison des Illustres » en 2012.

La rue Félix-Faure

D’une grande cohérence stylistique et urbanistique, la rue Félix-Faure donne à voir un alignement de bâtisses Art Nouveau toutes érigées à une même hauteur. De nombreuses personnalités ayant marqué l’École de Nancy ont apporté leur contribution à la création de cet ensemble. L’essentiel des constructions qui vont lotir les 400 mètres que compte cette rue sera achevé entre les années 1903 et 1913, en plein essor de l’Art Nouveau à Nancy.

Rue Felix Faure

À l’origine de ce regroupement se trouve l’architecte nancéien César Pain. Au tout début du XXème siècle, il sera le premier artiste de l’École de Nancy à édifier des bâtisses Art Nouveau dans cette rue. L’homogénéité urbanistique est également l’œuvre de César Pain qui, en réalisant près d’un tiers des édifices de ce secteur, va contribuer à en imposer les règles d’urbanisme. Parmi celles-ci, on retrouve des principes tels que l’alignement des immeubles, une uniformité dans la hauteur ainsi que la présence d’une cour à l’avant de chaque demeure. Émile André et Lucien Weissenburger font également partie des grands noms qui participeront à donner son esthétique Art Nouveau à la rue Félix-Faure.

Parcourir la rue Félix-Faure, c’est donc partir à la découverte de maisons uniques et originales à l’architecture inimitable ramenant le visiteur au début du siècle dernier. Entre couleurs exotiques et motifs végétaux, les façades de cette rue méritent amplement qu’on s’y attarde.

www.nancy-tourisme.fr

 

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