Stanislas, le « Bienfaisant » 

Par Julie-Chloé Mougeolle

Un Son & Lumières estival mémorable

Inscrite depuis 1983 au patrimoine mondial de l’UNESCO, la place Stanislas se pare chaque soir jusqu’au 18 septembre d’une scénographie à base d’images monumentales à la hauteur d’une des plus belles places d’Europe.

Ce nouveau spectacle vous fera rêver de toutes les lumières pendant 20 minutes !

La première aube de l’humanité, l’encre luminescente de la Lune, la Renaissance de chaque lever de soleil… Rêver au Siècle des Lumières et à la flamboyance des artistes nancéiens ; s’éblouir des lumières des cinq continents et du génie de ceux qui ont créé l’une des plus belles places du monde. Rêver de liberté, dans toutes les langues, pour un monde multicolore. En prélude à 2 grandes expositions visibles à Nancy dès l’automne 2017, le Son et Lumière est enrichi cette année par une nouvelle séquence sur le thème “Lorrains sans Frontières” : un joyeux melting pot de couleurs et de formes, agissant comme le reflet d’un monde multiple et en perpétuel mouvement !

Photo par Julie-Chloé Mougeolle

La Place Stanislas, splendeur architecturale

Jusqu’au milieu du 17e siècle, une vaste esplanade séparait la Ville-Vieille et la Ville-Neuve de Nancy. Stanislas Leszczynski, ancien roi de Pologne, devenu Duc de Lorraine en 1737, va projeter d’y établir une place destinée à honorer et glorifier son gendre le roi de France Louis XV. Première de toutes les places royales françaises, elle sacralise l’image de marque royale tout en accueillant les festivités populaires.

Pour cette place, Stanislas et son architecte Emmanuel Héré ont choisi un lieu idéal pour leur projet. En mars 1752, est posée officiellement la première pierre du premier pavillon et la Place Royale solennellement inaugurée en novembre 1755.

Photo par Julie-Chloé Mougeolle

Au centre de cette place, s’élevait une statue de bronze, œuvre des sculpteurs Barthélémy Guibal et Paul-Louis Cyfflé, représentant Louis XV vêtu à l’antique. La statue et ses allégories disparurent à la Révolution et ce n’est qu’en 1831 qu’on inaugura une nouvelle statue représentant Stanislas.

Tout autour de la place, Emmanuel Héré construisit des pavillons de même ordonnance classique, rythmés par le jeu d’un ordre colossal. C’est au sud, la grande façade de l’Hôtel de Ville qui s’orne des armes de Stanislas et du blason de la Ville de Nancy. Ce sont, à l’est, le Grand Hôtel et l’Opéra de Nancy et de Lorraine et à l’ouest le pavillon Jacquet et le Musée des Beaux-Arts qui abrita, à l’époque de Stanislas, le Collège de Médecine. Au nord, là où se dressait la courtine unissant les bastions de Vaudémont et d’Haussonville, Emmanuel Héré conçut des ” basses faces ” limitées au seul premier niveau des autres pavillons, pour raison de défense militaire.

Les grilles de Jean Lamour qui unissent les bâtiments les uns aux autres, par leur forme et leurs décors témoignent, avec les fontaines d’Amphitrite et de Neptune réalisées par Barthélémy Guibal, de l’art rocaille.

En 2005, à l’issue de deux ans de travaux, la Place Stanislas, aujourd’hui totalement piétonne, retrouve sa splendeur d’origine, dotée d’un pavement clair avec deux diagonales de pavés noirs qui structurent encore l’espace. Les grilles sont restaurées, ainsi que les éléments décoratifs et les bâtiments qui la bordent.

Photo par Julie-Chloé Mougeolle

De « l’Usurpateur » au « Bienfaisant »

Devenu beau-père du roi de France après que celui-ci ai épousé sa fille Marie en 1725, Stanislas se voit imposé par son gendre à la tête des duchés de Lorraine et de Bar en 1737. C’est en « Usurpateur » que l’ex-roi de Pologne fait son entrée à Lunéville devant un peuple lorrain défiant. Dépossédé de tout pouvoir politique réel, il est parfaitement conscient de son rôle de « passeur » destiné à aider la Lorraine à devenir française.

Photo par Julie-Chloé Mougeolle

Stanislas entame alors une subtile opération de séduction en consacrant une partie de sa rente royale à diverses œuvres de charité en faveur des plus démunis. Il finance la construction d’hôpitaux, d’écoles et de bibliothèques, achève la Primatiale (la cathédrale actuelle de Nancy), fait reconstruire l’église Notre-Dame de Bonsecours…

Il installe peu à peu la présence du roi de France au cœur de Nancy, le plus bel exemple reste bien sûr l’inauguration en 1755 de la place Royale. Stanislas s’impose alors peu à peu comme le « Bienfaisant ». Stanislas, dernier duc de Lorraine, meurt en 1766 à 88 ans. Il aura donné à la Lorraine un éclat exceptionnel.

Photo par Julie-Chloé Mougeolle

 

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